Pologne, le durcissement se confirme
Avec l’interdiction d’une nouvelle manifestation à Poznan, le ciel continue de s’assombrir pour les femmes et les homos polonais. Ce nouvel événement intervient quelques semaines après l'entrée en fonction du nouveau président polonais Lech Kaczynski et la formation du gouvernement de Kazimierz Marcinkiewicz. Ceux-ci ont accordé de nombreux gages aux courants catholiques les plus conservateurs, notamment en limitant les droits des femmes et des homosexuels. Marcinkiewicz s'est ainsi dit, par exemple, déterminé à empêcher les homosexuels d'enseigner dans les écoles. La Marche de l'Egalité de Poznan devait marquer symboliquement les 20 ans de l'opération Hyacinthe, qui sous le régime communiste avait pour objet le fichage et la surveillance des homosexuels – le tout dans un pays où pourtant, l'homosexualité est dépénalisée depuis 1932.
Kazimierz Marcinkiewicz avait déclaré après la victoire aux elections, dans l'édition polonaise de Newsweek, que la «propagation» de l'homosexualité constituait un danger social et une entrave à la liberté publique. «C'est contre nature, avait-t-il précisé. La famille est naturelle et l'Etat doit protéger la famille. Si une telle personne essaye d’infecter d'autres avec son homosexualité, alors l'Etat doit intervenir.»
En juin dernier, une autre personnalité-phare du PiS, le maire de Varsovie Lech Kaczynski avait fait interdire la Gay Pride de la capitale, une décision qui avait entraîné de vives protestations parmi les organisations LGBT européennes et internationales. Ces nouvelles déclarations sont venues renforcer l’inquiétude sur une re-criminalisation de l’homosexualité, après que celle-ci avait été stigmatisée dans la campagne électorale portant largement sur les valeurs soi-disant traditionnelles et catholiques du pays.